Panneau d'Affichage
Chargement...

Connexion




Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Reste du monde

Pages : <- 1 2 3

Dans les lueurs anciennes
Professeure
Auror
Photographe
[Avatar]
Poudlard
Adulte
Titre : Re : Dans les lueurs anciennes
Créé : 10/02/2025 à 02:11:42 - Modifié : 10/02/2025 à 02:12:32


Le candélabre éteint n’étant plus d’aucune utilité, elle le laissa retomber lourdement sur les dalles de pierre grise, sans se soucier du bruit qu’il produisait ni de la valeur que cet objet pouvait avoir. Elle n’avait que faire du bruit qu’elle venait de produire, ni même de la valeur que cet objet pouvait avoir pour les âmes pieuses qui fréquentaient ce lieu. Son unique objectif était limpide : sortir d’ici, coûte que coûte. D’un pas résolu, elle se dirigea vers un autre candélabre, semblable au premier, où cinq bougies brûlaient paisiblement, inconscientes du chaos qui régnait entre ces murs. Sans la moindre hésitation, elle le saisit, troublant l’équilibre fragile des flammes vacillantes.

Alors qu’elle s’apprêtait à retourner vers la lourde porte de bois sombre, Toma se plaça sur son chemin, stoppant net sa marche. Un silence suspendu s’étira entre eux après les questions posées par le professeur, seulement troublé par le crépitement feutré des bougies et le murmure sourd de l’encens qui flottait comme un poison invisible dans l’air. La Fourchelang leva un sourcil, un éclat glacé dans le regard, le genre de regard qu’on réservait à ceux qui avaient l’audace de se mettre en travers d’un plan mûrement réfléchi. Le tutoiement du sorcier passa inaperçu, à vrai dire, elle s’en moquait éperdument. Il y avait des urgences bien plus pressantes. Comme mettre un terme à cette mascarade et sortir de ce maudit endroit. Avec une lenteur étudiée, elle abaissa le candélabre, le déposant soigneusement entre eux, veillant à ce que les flammes ne s’éteignent pas. Puis, relevant le menton, elle plongea son regard dans celui du sorcier, sans ciller.



C’est exactement ce que je compte faire. Tu y vois une objection, peut-être ?


Si Toma désirait rester ici à philosopher sur la situation, grand bien lui fasse. Peut-être ressentait-il le besoin de se recueillir, après tout. Ce n’était pas son cas. L’air était déjà bien trop lourd, trop suffocant, saturé d’un parfum d’encens entêtant qui semblait vouloir l’envelopper, l’engluer dans des souvenirs dont elle refusait la résurgence. Son calme, déjà bien fragile, s’étiolait à mesure que les secondes s’égrenaient. Elle le contourna avec détermination et s’approcha de la porte massive qui leur barrait la sortie.


C’est du bois, n’est-ce pas ? Puis, pointant du doigt le candélabre encore allumé, elle poursuivit, d’une voix acérée. Et ça, c’est du feu, nous sommes d’accord ? Et que font le feu et le bois lorsqu’ils entrent en contact ?


Son regard brillait d’une lueur déterminée, laissant peu de place à la discussion. Pensait-il qu’elle avait perdu l’esprit ? Peut-être. Mais avant que les flammes ne lèchent la pierre séculaire de cet édifice religieux, la porte ne serait plus qu’un tas de cendres fumantes. Et eux ? Ils seraient enfin libres. Libres de retrouver ceux qui les avaient enfermés ici. Et surtout, de leur offrir un moment dont ils se souviendraient jusqu’à leur dernier souffle. Et ça, elle comptait bien s’en charger.

Professeur
Auror
Licorne Céleste
[Avatar]
Poudlard
Adulte
Titre : Re : Dans les lueurs anciennes
Créé : 13/02/2025 à 10:19:23


* S'il pouvait encore avoir des doutes quant aux intentions de la St.James, sa réponse fut accueillie comme un point final à leur aventure dans ce couvent. Déterminée, elle l'était, sans aucun doute. Son regard perçant, ses paroles, sa prosodie, rien ne laissait place au doute ou à l'hésitation. Lui retournant quelques questions rhétoriques qui n'avaient pour but que de confirmer ce qu'il pensait avoir compris, son plan était simple et destructeur. La destruction par le feu. Et il ne s'agissait pas que de les faire sortir d'ici. Toma percevait que l'intention allait bien au-delà. Si elle avait voulu les faire sortir d'ici, un certain nombre de sorts à leur disposition lui auraient permis de cibler uniquement la porte et de libérer cet accès qui les verrouillait pour le moment dans cet édifice. Non, là il était question de brûler la porte, mais la volonté derrière était plus large. Elle voulait détruire tout l'édifice. Et quoi de plus ironique pour sceller le sort d'un bâtiment que d'utiliser certains de ses éléments de décor comme le candélabre qu'elle venait de récupérer ?

Mais si la volonté était là et que Hellia semblait consciente de ses actes, Toma n'oubliait pas la sensation qu'il avait ressenti quelques secondes plutôt, et même depuis qu'ils s'étaient tous les deux réveillés dans ce maudit couvent. Celle d'une Hellia en proie à la panique, à la résurgence de souvenirs douloureusement enfouis et d'une presque perte de contrôle avant d'en venir à cet extrême. L'astronome devait donc tenter de la canaliser. Ou à défaut de temporiser pour l'orienter vers une autre suite. Et déterminée comme elle semblait l'être, il allait devoir se montrer également dur et calme pour être pris au sérieux. *


- Je vois où tu veux en venir. Et l'intention initiale est presque louable. Mais il faut que tu prennes du recul pour ne pas céder à cette pulsion de destruction.

* Prenant quelques secondes pour installer un nouveau silence et respirer pour reprendre ses esprits, il la fixa droit dans les yeux comme elle avait commencé à le faire, pupille contre pupille et prit un air neutre tendant vers le grave. *

- Je n'ai pas oublié ce que tu m'as partagé il y a quelques semaines sur ton enfermement en couvent. Et je ne peux en aucun cas imaginer ce que d'être enfermée dans ce lieu peut te faire revenir. Mais en ce moment même, ceux qui ont pris la peine de nous isoler ici ont très certainement protégé les accès vers l'extérieur. Je doute donc que ce genre d'action n'ait pas la moindre répercussion sur nous.

* Voulant joindre son geste à la parole, il s'approcha doucement du candélabre, effleurant de sa main gauche ses différentes branches avant de s'arrêter sur la flamme de la bougie qui dominait toutes les autres. *

- Ces sœurs du couvent dont tu m'as parlé, elles t'ont pris quelque chose. Elles t'ont volé une partie de ta jeunesse, une partie de ton identité. Mais ce n'est pas en brûlant cette porte et en laissant les flammes emporter cet édifice que tu te retrouveras entière et que tu conjureras le sort.

* Tout en fixant la Serpentard d'un regard qui avait désormais une teinte de compassion mais également de fermeté, il inspira profondément avant d'éteindre de ses doigts la flamme de la bougie dominante, entre son pouce et son index. Il sentit un léger picotement mais l'adrénaline lui permettait de passer outre. Le principal de cette action était la symbolique du geste. Supprimer une des sources de chaleur pour réduire l'impact de l'incendie qu'elle souhaiter propager. Trouver une autre alternative que cette destruction par le feu. Mais pour cela, il fallait la ramener dans leur présent. Embuée dans sa rage et sa volonté de destruction, le Dresden sentait qu'elle avait comme la tête prise dans un casque qui l'empêchait d'avoir une vision plus large et moins court termes. Lui aussi voulait évidemment sortir de l'édifice pour être enfin libéré. Mais ils ne devaient pas tomber dans le piège de l'action sous le coup de la pulsion. Et pour cela, il devait la ramener davantage dans son présent. Il poursuivit alors d'une voix qui se voulait davantage calme et posée, accompagné par le silence presque pesant qui régnait dans cette pièce principale du couvent. *

- Laisse-moi t'aider. Laisse-moi te montrer comment retrouver cette entièreté, ou reconstruire cette partie de toi qui est restée dans ce couvent. Laissons ce lien magique qui nous rassemble nous porter toi et moi vers quelque chose de grand et bénéfique.

* Toma avait prononcé ces quelques paroles en écartant doucement le candélabre derrière lui, laissant le champs libre pour qu'il puisse progresser un pas après l'autre vers Hellia. Son rythme se voulait lent, progressif et avenant. Il finit sa course à moins de trois mètres de la jeune femme, sans prononcer plus de mots, la regardant toujours droit dans les yeux, attendant sa réaction et sa réponse. *

Professeure
Auror
Photographe
[Avatar]
Poudlard
Adulte
Titre : Re : Dans les lueurs anciennes
Créé : 03/04/2025 à 00:36:51


Les intentions de Toma étaient sans nul doute louables. Ses paroles, empreintes de sagesse, semblaient vouloir dessiner un chemin vers l’espoir. S’allier pour reconstruire. S’unir pour surmonter cette épreuve. Pour trouver une issue à cette situation qui, de toute évidence, leur échappait encore. Un beau discours.

Hélas pour lui, il s’adressait à une âme façonnée par la défiance. La Fourchelang n’était pas dans un état qui lui permettait d’envisager une quelconque alliance. Son esprit était un champ de bataille, où résonnaient les échos d’anciennes leçons gravées à même sa chair et son cœur. Elle savait. Elle savait que les promesses d’entraide n’étaient souvent que des mirages destinés à rassurer les naïfs. Que les alliances étaient des chaînes prêtes à se resserrer dès l’instant où elles n’étaient plus utiles. Que la confiance était un luxe qu’elle n’avait plus les moyens de se permettre.

Alors, malgré les mots du professeur, malgré la lueur d’espoir qu’il tentait d’allumer dans ce lieu aux ombres oppressantes, son regard resta dur. Hermétique. La vie lui avait enseigné des vérités qu’elle s’était juré de ne jamais oublier.

Le couvent lui avait appris une vérité cruelle, elle ne pouvait supporter ni l’enfermement, ni la frustration. Ces deux fléaux la brisaient plus sûrement que n’importe quelle entrave. Et en cet instant, rien d’autre n’importait que ce besoin viscéral de liberté, ce manque oppressant qui lui déchirait les entrailles. Toma s’approchait. Trop près. Bien trop près. Pour sa propre sécurité, il aurait dû garder ses distances, mais il ne semblait même pas en avoir conscience.

Alors, elle ferma les yeux. Un bref instant. Une simple seconde pour reprendre le contrôle. Puis tout bascula alors. Le souffle de Toma frôla les flammes qui s’éteignirent. Un geste anodin, un souffle insignifiant, et pourtant tout son être se révoltait. Une onde de rage pure l’envahissait, une déflagration intérieure qu’elle peinait à contenir. Son souffle se coupa, ses poings se crispèrent. Il ne devait plus approcher. Il ne devait plus parler. Il devait se taire. Et pourtant, il continuait. Encore et encore. Ses mots s’infiltraient dans l’espace ténu qui les séparait, s’accrochaient à son esprit comme une litanie sourde qu’elle refusait d’entendre. Puis, il prononça le mot de trop. Le couvent.

Autour d’eux, une bourrasque s’éleva, d’abord frêle, comme le vent qui souffle à peine sur un visage puis déchaînée, s’engouffrant dans l’église comme une présence invisible mais furieuse. Les vitraux tremblaient sous l’assaut, vibrant d’un grondement sourd. Puis, un bruit sourd retentit. Un bruit de verre brisé raisonna dans l’édifice. Une autre encore, puis un suivant. Les murs eux-mêmes semblaient frissonner. Les vitres explosèrent dans un cri de verre brisé, projetant des éclats acérés dans toutes les directions. Des fragments tranchants fusèrent, illuminés par la lueur des flammes vacillantes, se répercutant contre les dalles froides comme une pluie de lames affûtées. Et pourtant, elle ne bougeait pas. Elle aurait dû. Elle aurait pu. Mais l’idée même de se mettre à l’abri, de se cacher derrière un pilier, ne l’effleura pas une seule seconde. Son corps tremblait sous la force brute de cette énergie incontrôlable et elle n'était plus en mesure de se canaliser, plus en état de réfléchir.


Professeur
Auror
Licorne Céleste
[Avatar]
Poudlard
Adulte
Titre : Re : Dans les lueurs anciennes
Créé : 07/04/2025 à 01:01:46



* Les quelques mètres qui séparaient désormais l'astronome de la St.James étaient le reflet d'une frontière que l'astronome essayait de franchir. D'un côté une sorcière en proie à des tourments qu'il était difficile d'imaginer, mais qui se reflétaient légèrement dans sa posture; de l'autre une main tendue qui essayait de percer cette carapace pour les aider tous deux à aller de l'avant.

Mais les signes trompent rarement, et malgré le discours on ne peut plus honnête et plein d'espoir que Toma avait servi à la Serpentard, il semblait que son passé et ses expériences encore ancrées bien profondément dans sa mémoire ne resurgissent à cet instant. S'il s'attendait éventuellement à recevoir une pique digne de la St.James comme il avait déjà eu l'occasion d'en entendre de sa part, il dû cette fois-ci faire face à un silence. Un silence grave, glacial et qui cachait une réalité qu'elle même semblait peiner à contenir. Il avait l'habitude de voir Hellia se tenir avec une sorte de classe énigmatique, de posture soulignant une certaine noblesse d'esprit. Et même si elle s'était livrée à lui sur certains sujets, ils n'en restaient pas moins que des connaissances. L'aventure qu'ils étaient tous deux en train de vivre les avaient sans doute rapprochés, mais la volonté d'avancer ensemble n'était pas forcément synonyme de proximité soudaine. Toma le savait, il en avait conscience et c'est dans ce genre de situation qu'il voyait la distance se creuser. Et c'était tout à fait normal. Si les ténèbres avaient eu sur Hellia une influence qu'il n'avait jamais connu de son côté, faire à nouveau face à ses propres démons requérait un important travail sur soi, si on arrivait déjà à les contrôler. Ici, malgré ses efforts, l'astronome constata qu'il avait perdu la partie sur ce terrain. Le chemin qu'il avait tracé et les quelques mètres parcourus jusqu'à la St.James n'était désormais plus qu'histoire ancienne.

Remarquant qu'il avait perdu le contact visuel avec Hellia, non pas à cause d'une pure volonté de défi de la part de cette dernière, mais simplement parce qu'elle cherchait à se recentrer, Toma recula lentement d'un ou deux pas afin de laisser à la St.James l'espace nécessaire. Mais ce ne fut pas assez. Après quelques pas seulement, il s'immobilisa. Une énergie parcourait l'endroit. Une énergie qu'il connaissait bien mais qu'il ne s'attendait à ressentir à cet endroit précis. Et si son intuition lui indiquait que Hellia pouvait en être la source, alors la situation risquait de gravement dégénérer. En réalité, cette énergie progressive, palpitante et perturbée se propageait à travers tout l'édifice. Mais il en sentait une plus forte concentration en la personne qui lui faisait face.

Ses précédentes expériences avec la magie ancienne s'étaient souvent déroulées dans un tout autre contexte. Il lui était arriver d'entrer en contact avec des personnes blessées, physiquement ou psychiquement, et la magie s'était presque opérée d'elle même. Comme un transfert d'énergie, sa volonté puisant dans ses propres réserves magiques et ciblant la personne affectée pour une guérison soit immédiate, soit plus long terme. Il avait alors considéré ses capacités sous un spectre de protection ou de guérison.

Ici le cas était différent. Il avait en face de lui une personne possédant elle aussi des capacités extrêmement puissantes, mais qui semblaient la consumer pour se transformer en une boule d'énergie prête à exploser à tout instant. Reculant alors de quelques pas de plus, l'astronome sentit de légers picotements parcourir son torse et son bras. Comme si du sang se mettait de nouveau à circuler et à irriguer des membres totalement privés pendant un long instant. Puis ce fut autour des voix. Des voix, ou plutôt de légers murmures qui arrivaient graduellement, par vagues. Il avait déjà ressenti cela, et il en avait un souvenir très clair. Le jour même où sa particularité s'était déclenché, le jour qui avait en quelque sorte changé sa vie, les mêmes symptômes s'étaient produits. Et la raison était pour le moins évidente : il se sentait en danger. Aussi évident qu'il refusait de l'admettre, toujours dans cette volonté de penser à la sécurité des autres avant la sienne, il avait mit en sourdine cet instinct de survie pour penser à Hellia et lui, à leur sortie de cette édifice, mais en avait aussi oublié ses propres peurs par la même occasion. Et à cet instant précis, étant le spectateur d'une énergie prête à exploser, il se sentait véritablement en danger. L'espace d'un instant, son esprit le replongea même dans cette scène qu'il avait vécu quelques années plutôt, en plein milieu du désert d'Atacama au Chili, nez à nez avec un Dent-de-Vipère, devant une possibilité de mort imminente. Il essayait de revenir à lui mais ses pensées se mélangeaient et altéraient son esprit. Il avait l'impression d'être dans un cauchemar, face au dent de vipère, et la seconde d'après face à Hellia en proie à ses propres tourments.

Lorsque la St.James libéra son énergie et que l'édifice entier ne fut plus qu'un mannequin aux mains de cette ancienne magique destructrice, Toma ferma les yeux en sentit une grande chaleur protectrice l'envahir. Comme si une force vitale était soudainement apparue, lui permettant de respirer à nouveau et le délogeant de sa mue de panique. Il pouvait enfin avoir des pensées plus claires et pragmatiques. Non, Hellia n'était pas son ennemie et il devait au contraire user de ses capacités pour les faire sortir de là. Il n'avait pas oublié sa peur, qui était elle toujours présente, et c'est d'ailleurs cette dernière qui lui permettait de garder les pieds sur Terre en cet instant. Mais son énergie lui permettait de faire progresser la situation. Il se sentait en sécurité, comme dans une bulle, et devait en faire bénéficier la St.James pour qu'ils ne subissent pas tous les deux l'effondrement probable du bâtiment. Encore faudrait-il que Hellia sorte de sa rage, de son désespoir et accepte son aide. Mais au point où il en était, peu d'options étaient encore viables.

S'il s'était retrouvé une fois en situation de se protéger, et d'autres fois en situation de transférer son énergie vers des zones précises chez les autres, créer une véritable sphère de protection était une nouveauté. L'astronome puisa alors dans ses réserves et dans ses instincts magiques les plus profonds afin de faire un parallèle singulier. S'il avait apprit tout jeune sorcier à puiser dans ses ressources, concentrer de la magie via sa baguette et lancer des sorts, il serait sans doute en capacité d'étendre son champs de protection à autrui. Le travail résidait dans la concentration, la volonté et la cible.

En se focalisant de nouveau sur son environnement, il assista réellement au spectacle que son esprit lui avait occulté pendant sa courte paralysie : des projectiles de verres fusant de part et d'autres, certains venant même entailler Hellia sans même qu'elle ne bouge d'un seul centimètre. Elle semblait comme en transe, emplie de rage et de douleur, comme si son esprit était projeté dans un univers parallèle. Cette vision et ce ressenti de souffrance furent le point de bascule. Toma sentit sa chaleur s'amplifier et s'étendre. Il avança à nouveau, peu sûr de lui mais déterminé et concentré à faire entrer Hellia dans ce cercle de protection. Il n'avait presque qu'un seul objectif en vue : ne pas la perdre. *

Professeure
Auror
Photographe
[Avatar]
Poudlard
Adulte
Titre : Re : Dans les lueurs anciennes
Créé : 11/05/2025 à 00:06:44


L’église tremblait, comme une créature vivante, secouée de convulsions, possédée par une colère qui n’était pas la sienne. Une colère étrangère, trop ancienne, trop sauvage, qui s’échappait des entrailles de la Fourchelang. Chaque vibration dans les pierres semblait répondre aux battements désordonnés de son cœur. Chaque craquement du plafond s’accordait avec les fissures de son âme. Hellia n’avait plus prise sur rien. Son souffle était court, haletant, mais ce n’était plus elle qui respirait. Ses mains tremblaient, mais ce n’était plus elle qui bougeait. La magie pulsait autour d’elle comme une tempête éveillée, ancienne et affamée. Elle était là, et elle n’était plus là à la fois.

Son esprit flottait au loin, dérivant dans un brouillard dense de souvenirs et de douleurs, incapable de revenir vers son propre corps. Elle se voyait, silhouette frêle et déformée par la lumière dansante des flammes mourantes. L’odeur de l’encens étouffante, collante, écœurante. Le sol de pierre glacé du couvent. Les prières marmonnées en boucle. Les cris étouffés. La morsure des chaînes et la brûlure des sortilèges. L’écho des noms qu’on ne cessait de lui donner : monstre. Démon. Abomination.

Elle n’était plus dans l’église. Elle était à genoux dans une cellule obscure, les poignets meurtris, la peau marquée, l’âme broyée. Elle était seule. Orphée n’était pas là pour la protéger. Et elle entendait encore la voix de sœur Mordick, acide et tranchante comme une lame.

La douleur irradiait dans chaque parcelle de son être, réveillant les souvenirs imprimés dans sa chair. Cette douleur là, elle l’avait enfouie au plus profond d’elle-même. Et à présent elle remontait, sans filtre, sans pitié. Elle ne pouvait plus hurler, alors la magie hurlait à sa place. Un cri sourd, invisible, mais dévastateur.

Les autres vitraux éclatèrent dans un fracas de verre tranchant. Les éclats volèrent autour d’elle comme des oiseaux de cristal furieux, entaillant le vide, ricochant sur les pierres. Une bourrasque s’éleva, alimentée par la fureur de la magie déchaînée, et souleva les débris, leurs capes de sorciers, les souvenirs. Le vent hurlait, aussi fort qu’elle aurait voulu crier. Les piliers vibrèrent. Le plafond gémit. Une première pierre se détacha, roula, chuta dans un bruit sec. Puis une autre. Puis des dizaines. Comme une pluie de douleur, comme des larmes de pierre. La chapelle tout entière était devenue l’écho de sa rage.

Et Toma était là, quelque part, peut-être. Mais elle ne le voyait plus. Il n’était qu’une silhouette perdue dans la tempête. Un souvenir en sursis. Son esprit ne pouvait pas supporter sa présence, ses mots, ses yeux emplis d’espoir. Il ne comprenait pas. Il ne savait pas. Et il avait osé parler du couvent. Il avait osé effleurer cette plaie vive.

L’édifice céda, enfin. Une partie du toit s’effondra dans un fracas d’enfer. La charpente se brisant comme des os trop usés. Le bois se tordit, aspiré par le vide béant qui s’ouvrait. Des blocs entiers chutèrent, pulvérisant le sol, soulevant des nuées de poussière. Le vent, devenu fou, s’infiltra par cette ouverture, hurlant comme un animal blessé, amplifiant encore le chaos.

Puis la porte de la chapelle explosa, volant en éclats sous la puissance de cette magie incontrôlée. Le bois fracassé retomba au sol dans un bruit sourd. Et ce fut l’ultime signal, l'instant où tout bascula. Hellia s’écroula, comme une poupée brisée, les bras ballants, les yeux éteints. La magie se tut. Le vent se calma. Les pierres cessèrent de tomber. Il ne restait que le silence, immense et vide, comme après une tempête. Un silence lourd de poussière, de sang et de douleur.

Et au milieu des décombres, le corps inerte de la Fourchelang gisait, vulnérable, marqué par la souffrance, l’épuisement et quelque chose d’indéfinissable, d’ancien, de sacré. Quelque chose que même la mort ne pourrait pas tout à fait éteindre, si cela venait à arriver.

Professeur
Auror
Licorne Céleste
[Avatar]
Poudlard
Adulte
Titre : Re : Dans les lueurs anciennes
Créé : 03/06/2025 à 10:23:12



Le théâtre auquel il assistait était le symbole d'une fin inéluctable. L'église dans laquelle il se tenait encore debout criait d'une douleur presque humaine et se contorsionnait face à la puissance de la magie destructrice d'Hellia. Ses murs solides et ancestraux se délitaient par morceaux. Ses vitraux, tout droit venus d'une époque révolue où l'humain mettait son sort aux mains de dieu, se fracturaient de part en part avant de voler en éclat. Les meubles, d'une simplicité et d'une sobriété religieuse, vibrait sans relâche, secoués par l’onde d’énergie qui se propageait dans tout le bâtiment. Tout ce qui pouvait faire l'éclat et la grandeur d'un tel bâtiment avait disparu, en proie à un tiraillement indescriptible.

Mais le bâtiment n'était pas le seul à crier pour que son supplice s'arrête. La femme qu'il avait devant lui, victime de sa propre furie, semblaient en proie à des maux que seuls ceux qui ont connu les pires atrocités peuvent comprendre. Elle semblait dans un ailleurs tragique qui la menait tout droit vers les portes de l'enfer tellement sa douleur semblait grande et ses démons puissants et destructeurs. Sa souffrance était on ne peut plus visible, et l'astronome voulait l'aider et la soulager, même si la situation semblait vouée à l'échec.

Toma n'était pas l'archétype du héros. De nature stressée, tête en l'air et maladroit, rien ne le prédestinait à accomplir de grandes choses. Son expérience, elle, l'avait tout de même forgé et il s'était construit au fil des années une image à laquelle il se raccrochait fortement : il était un homme de principe. On pouvait même dire un homme de courage. Et comme le disait un célèbre moldu, l'homme de courage est celui qui n'abandonne pas ses principes, même face à la mort.

Un pas après l'autre, utilisant toujours son bouclier protecteur, il avançait et réduisant la distance qui le séparait de la St.James. Chaque centimètre parcouru était une épreuve. Chaque seconde passée à braver cette mort imminente était une ode à la vie, une provocation adressée directement à la faucheuse. Il voulait vivre. Plus que tout. Et il voulait protéger celle en laquelle il se reconnaissait le plus, en un sens. Tous deux partageaient cette chose, cette puissance venue des temps anciens. Et si elle se matérialisait de manière diamétralement opposée en cet instant précis chez les deux sorciers, ils partageaient tout de même une puissance commune. Le Yin et le yang à l'épreuve du temps, face au sacré de cette église.

Puis la bascule arriva. Si la route vers l'enfer était toute tracée, alors ils venaient d'en atteindre la porte d’entrée, grande ouverte et prête à les accueillir. La puissance magique dégagée par Hellia atteint son paroxysme et l'église ne put résister à ce dernier assaut. Tel un dernier soupir, peut-être celui de la libération après tant de souffrance et de contraintes, l’édifice parti à petit feu. Des blocs venant du toit se désagrégèrent et s’écrasèrent sur le sol. Ce fut ensuite au tour de la porte d'entrée du bâtiment qui explosa. Tout partait. Tout n'était plus que poussière.

Mais ce n'était terminé. Avançant toujours et encore dans cette bourrasque d’énergie, pas après pas, pieds fermement ancrés dans le sol, Toma avait toujours Hellia en ligne de mire. Et il devait la protéger, l’inclure dans sa zone de protection. Mais face à l’énergie dépensée dans cet ultime assaut, il la vit s’écrouler et tomber au sol, inerte. Le temps s’arrêta alors l’espace de quelques instants et Toma fut prit d’un puissant vertige. Son cœur qui battait à un rythme effréné sous le feu de l’action manqua un battement. Un long battement. Il eut l’impression d’entrer dans un monde parallèle, comme si son subconscient l’empêcher d’atteindre la réalité, de faire surface et de prendre pleinement conscience de la situation. Sa propre vision se troubla sous le coup de l’émotion et il dut se concentrer de toute ses forces pour se ressaisir et rester fort dans sa position. L’implacable réalité était dure à affronter en voyant le corps de celle qui l’accompagnait dans cette mission totalement immobile.

Lorsqu’il revint enfin à lui, il courut à grandes enjambées comme il n’avait jamais couru et s’agenouilla près de Hellia. Approchant son oreille droite de la bouche de la jeune femme, il entendit un souffle court et comprit qu’elle n’était pas décédée mais simplement inconsciente. Une vague de soulagement le parcouru accompagné d’un léger frisson. De ses yeux embués par l’émotion, une fine larme s’échappa de ses pupilles, coula le long de ses pommette sèches et abimées, et vint se déposer sur la joie de la St.James. L’astronome ne sut dire s’il considérait la jeune femme comme son amie, mais la perspective de la perdre l’avait retourné et il était rassuré de la savoir en vie. En revanche, il fallait qu’elle revienne à elle et qu’ils sortent tous deux de cette maudite église.

Quelle ne fut pas sa surprise de se rappeler que la porte d’entrée avait été pulvérisée et qu’ils étaient donc en capacité de quitter les lieux rapidement. En puissant dans ses dernières forces, le Dresden se mit sur ses genoux pour prendre appui, et porta Hellia de ses deux bras tendus. C’est alors d’une démarche balbutiante qu’il sortit de ces lieux, plissant d’abord les yeux lorsque les premiers rayons de lumière naturelle atteignirent ses pupilles. Rester coincé quelques heures dans un endroit sombre ne l’avait clairement pas aidé et il devait s’habituer à cette nouvelle luminosité.

Lorsqu’il put enfin distinguer clairement son environnement extérieur, il découvrit une large plaine assortie de quelques massifs. Le ciel était particulièrement dégagé et le Soleil inondait l’endroit de sa lumière chaude et naturelle.

Se dirigeant rapidement vers un endroit à l’ombre, il déposa aussi délicatement qu’il le put le corps de Hellia par terre et s’assit à ses côtés, l’observant en même temps qu’il se reposait lui-même. Au bout de quelques minutes, par instinct, il prit son avant-bras gauche d’une de ses mains et dirigea toute sa volonté en direction de la jeune femme. Il sentit une nouvelle force apparaître en lui et se transférer vers la St.James par son bras. La magie opérait. Il ne lui fallait pas plus de quelques secondes avant de sentir que l’opération était arrivée à termes. Lorsqu’il constata que Hellia avait reprit une respiration normale, observant avec attention ses traits élégants malgré les évènements, il s’assit sur un rocher non loin et la laissa se reposer.

Ils étaient enfin sortis de cet enfer, et tous les deux sains et saufs.

Pages : <- 1 2 3

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Reste du monde

Retour en haut de la page



Vous avez besoin d'aide ? Rendez-vous dans la FAQ



Partenaires :
Écoles de Magie : Mana Wyrd - Hogwartsnet
Monde Magique : Fédération du Quadball Français - La Gazette du Sorcier - Wiki Harry Potter - Obscurus Presse - Mimble Mimbus - La Charte du Fandom
Autres : Annuaire google

Toute reproduction en totalité ou en partie est interdite.
Les images et les noms relatifs à Harry Potter sont une propriété de la Warner Bros Corp. et J.K. Rowling.

© 2009-2025 Twelve Grimmauld Place - © 2016 Design par Wilde et Milk Mélon - Mentions légales

Optimisé pour Firefox 4, Google Chrome 6, Safari 5 et Opera 10.5